Les retraités et l’accès au crédit : une réalité plus complexe
La retraite ne signifie pas la fin des besoins financiers. Rénovations domiciliaires, achat d’un véhicule, soins médicaux, soutien familial ou voyages : les dépenses imprévues ou planifiées ne s’arrêtent pas avec l’âge. Pourtant, obtenir un crédit pour les rentiers AVS et AI est souvent plus difficile qu’il n’y paraît, car les établissements bancaires évaluent différemment le profil d’un retraité par rapport à un actif.
AVS désigne l’Assurance-vieillesse et survivants, le premier pilier du système de prévoyance suisse. AI désigne l’Assurance-invalidité. Ces deux sources de revenus sont stables et versées à vie, ce qui constitue paradoxalement un argument solide en faveur du retraité emprunteur.
Pourquoi les banques sont-elles plus prudentes ?
Les établissements de crédit sont davantage prudents avec les rentiers pour deux raisons principales :
• L’espérance de vie : si un crédit sur 7 ans est contracté par une personne de 80 ans, la probabilité qu’il ne soit pas entièrement remboursé est statistiquement plus élevée.
• Le niveau de revenu : la rente AVS seule est souvent modeste (au maximum CHF 2’450/mois pour une rente individuelle complète en 2024). Elle peut être insuffisante pour respecter la règle du tiers.
Cela ne signifie pas que le crédit est impossible, mais que les montants accordés sont souvent plus limités et les durées raccourcies.
Quels revenus les banques prennent-elles en compte ?
Pour un crédit pour les rentiers AVS et AI, les banques additionnent généralement :
• La rente AVS mensuelle (1er pilier).
• La rente de caisse de pension (2e pilier), si vous percevez une rente et non un capital.
• Les rentes AI éventuelles.
• Les revenus locatifs ou autres revenus réguliers documentés.
• Les revenus du 3e pilier si versés sous forme de rente.
Le total de ces revenus sert de base de calcul pour déterminer la mensualité maximale autorisée.
Solutions alternatives pour les rentiers
Si le crédit pour les rentiers AVS et AI classique se révèle difficile d’accès, plusieurs alternatives existent :
• Hypothèque inversée ou crédit hypothécaire sur bien immobilier : si vous êtes propriétaire, vous pouvez obtenir un financement garanti par votre bien, avec une valeur nantissable déterminée par la banque.
• Prêt familial : une solution souvent préférée des familles pour éviter les intérêts bancaires.
• Leasing pour les véhicules : plus accessible que le crédit classique, car le bien lui-même sert de garantie.
• Crédit avec co-emprunteur : adjoindre un enfant ou un proche actif améliore considérablement les chances d’obtention.
Les montants et durées typiques pour les retraités
Les établissements qui acceptent de prêter aux retraités limitent souvent la durée du crédit à 36 ou 48 mois maximum, et les montants à CHF 5’000–25’000 selon les revenus. Certains établissements fixent également une limite d’âge au terme du crédit (souvent 75 ou 80 ans).
Il est donc recommandé de demander un crédit de courte durée et de montant modeste pour maximiser ses chances d’acceptation.
Droits et protections des emprunteurs retraités
La loi suisse sur le crédit à la consommation protège tous les emprunteurs, quel que soit leur âge. Les taux maximaux (10 %) et les règles de vérification de solvabilité s’appliquent également aux retraités. Aucun établissement ne peut légalement vous accorder un crédit dont les charges dépassent votre capacité de remboursement réelle.
Si vous êtes rentier et cherchez un crédit pour les rentiers AVS et AI, comparez les offres, consultez un courtier et ne signez jamais sans avoir lu l’intégralité des conditions.
Conclusion
Obtenir un crédit en tant que rentier AVS ou AI en Suisse est possible, mais nécessite une approche adaptée. En présentant l’ensemble de vos revenus de retraite, en limitant la durée et le montant demandé, et en faisant appel aux bons établissements, un financement reste accessible pour améliorer votre qualité de vie à la retraite.